Projet MARIOBE : détecter la prédisposition à l’obésité dès la petite enfance

Projet MARIOBE : détecter la prédisposition à l’obésité dès la petite enfance

Notre unité et le CHU de Clermont-Ferrand mènent un projet inédit : identifier des marqueurs précoces dans le sang capables d’indiquer la prédisposition d’un enfant à développer une obésité, bien avant les premiers signes visibles, un programme de recherche innovant désormais soutenu par le Fonds AXA pour le Progrès Humain en 2025.

Comprendre pourquoi et surtout détecter précocement cette vulnérabilité est l’objectif du nouveau projet porté par Céline Jousse en collaboration avec le Centre de Recherche Clinique chez l’Enfant (Etienne Merlin, CHU Clermont-Ferrand).

Le projet MARIOBE repose sur une idée forte : certains marqueurs biologiques, détectables dans le sang ou dans le tissu adipeux, pourraient révéler une prédisposition à l’obésité bien avant que les premiers signes visibles n’apparaissent.

Pour explorer cette hypothèse, 250 enfants âgés de 0 à 3 ans, opérés dans le cadre d’interventions bénignes, participeront à l’étude. Lors de leur prise en charge, des échantillons de sang et de tissu adipeux seront collectésafin d’analyser l’expression de milliers de gènes.. Les enfants seront ensuite suivis jusqu’à l’âge de 6 ans, une période charnière pour le développement du poids, notamment en raison du « rebond adipocytaire », un indicateur clé dans la prédiction de l’obésité future. La corrélation entre les profils transcriptomiques obtenus dans le sang et le tissu adipeux et le développement du surpoids ou de l’obésité au cours du suivi permettra d’identifier les signatures transcriptomiques précoces associées au risque d’obésité. L’objectif final de MARIOBE est ambitieux : développer un test sanguin simple et précoce permettant d’identifier, dès les premières années de vie, les enfants les plus à risque. Un tel outil offrirait la possibilité d’agir très tôt, par un accompagnement personnalisé et adapté, afin de prévenir l’installation de l’obésité plutôt que d’attendre qu’elle survienne. Une intervention précoce est non seulement plus efficace, mais aussi moins stigmatisante pour l’enfant et sa famille.

Au-delà de sa portée préventive, ce projet pourrait transformer notre compréhension des mécanismes biologiques qui participent à la prédisposition à l’obésité. Les connaissances acquises grâce à MARIOBE pourraient également être utiles dans d’autres situations où le poids varie fortement, comme après une chirurgie bariatrique ou suite à une transplantation rénale.

En combinant recherche fondamentale, expertise clinique et soutien institutionnel – notamment celui du Fonds AXA pour le Progrès Humain –, le projet MARIOBE ouvre la voie à une nouvelle manière de prévenir l’obésité infantile : plus précoce, plus précise et plus respectueuse des besoins des enfants et de leurs familles.